John Paul Jones

Né en Ecosse en 1747, mort à Paris en 1792, John Paul Jones est reconnu comme l’un des pères fondateurs de l’US Navy et est, à ce titre, inhumé dans une crypte, au sein de l’Académie navale d’Annapolis.

Les liens de ce corsaire avec la Bretagne sont nombreux. En effet, au cours de la guerre d’Indépendance des Etats-Unis, il est envoyé en France pour combattre dans des eaux qu’il connaît depuis son premier embarquement, à l’âge de 12 ans.

Engagé comme premier lieutenant de la frégate l’Alfred, de la Continental Navy, ancêtre de l’US Navy, il a l’honneur d’être le premier à hisser le pavillon de la jeune Nation américaine sur un bâtiment de guerre.

En 1777, il reçoit le commandement du Ranger le jour même où est adopté le Stars and stripes, qui remplace les pavillons des 13 colonies.

C’est en baie de Quiberon que le Ranger reçoit le premier salut français au pavillon des Etats-Unis : Lamotte-Piquet répond par 9 coups de canons, dus à une République, à la salve que lui a envoyé John Paul Jones. Quelques jours plus tard, en rade de Brest, le Ranger est salué par la flotte du comte d’Orvilliers, cette fois sur ordre exprès de Versailles.

De Brest, où il est basé pendant plusieurs mois, John Paul Jones mène avec succès de nombreuses expéditions contre les flottes anglaises.

Cette réussite et l’amitié de Benjamin Franklin qui, débarqué à Saint-Goustan en décembre 1776, représentait depuis les intérêts du nouvelle Etat auprès de la cour de France, valent à John Paul Jones de recevoir le commandement du Bonhomme Richard, offert par Louis XVI.

L’ancien bâtiment de la Compagnie des Indes, le Duc de Duras qui avait été commandé un temps par le Héros Morbihannais, l’Amiral Coudé. Le navire est profondément remanié à Lorient sous la surveillance de John Paul Jones ; l’équipage qu’il recrute est presqu’entièrement composé de Bretons puisque seuls 7 Normands dépareillent parmi les Lorientais, Brestois, Nantais, Fougerais et autres Dinanais.

Le 23 septembre 1779, au large de Flamborough Head, sur la côte du Yorkshire, Paul Jones entre dans l’histoire : le Bonhomme Richard, après plusieurs heures de combat est démâté, les morts et blessés sont nombreux et le commandant de l’HMS Serapis demande au commandant de se rendre. Il répond avec insolence et panache : « Mais je n’ai pas encore commencé à me battre ! » et, entraînant ses hommes dans sa folie, il lance l’bordage sur l’adversaire qui doit bientôt s’avouer vaincu. Il était temps car le Bonhomme Richard va couler quelques heures plus tard, son équipage étant passé sur la Serapis.

John Paul Jones prend le commandement de l’Alliance pendant que la Serapis attend en Hollande les jugements des Conseils de prises des différents protagonistes étatiques. En raison de querelles intestines à l’US Navy, John Paul Jones est mis à la tête d’un sloop, l’Ariel, qu’il entraine entre Port-Louis et Lorient. Le départ vers l’Amérique a lieu le 12 décembre 1780.

En août 1781, il passe 5 jours d’ébats avec une de ses nombreuses maîtresses dans un hôtel d’Hennebont.

Le 21 juillet 1782, à Versailles, Louis XVI remet au marin américain une épée d’honneur à la garde d’or et la croix de chevalier du Mérite militaire, plus haute décoration pour les protestants.